Origine de la variété des races de chien ?

Origine de la variété des races de chien ?
Il parait impossible de rapporter, même succinctement, toutes les conceptions qui ont été exposées sur ce point délicat. Les chercheurs ne sont d'accord que sur ceci: il y a d'abord une période relativement longue de fixité, au cours de laquelle on constate sur les squelettes quelques variations, mais elles sont minimes. Puis, dans ce qui correspond à une deuxième période, on trouve sans pouvoir l'expliquer des ossements de chien d'une variété de formes et de tailles qui annonce déjà l'extrême diversité d'aujourd'hui. Dans la grotte Calmette, près de Vence (Alpes Maritimes) Bouguignat a mis au jour des squelettes de chiens très divers dans lesquels on a voulu voir un basser, deux lévriers, un chien de berger du type loup, plusieurs grands chiens de montagne, et même le précurseur du chien d'arrêt.
Comme l'évolution du premier chien s'est-elle faite pour aboutir à cette multitude de races ? Est-ce par mutations rapides qui se sont fixées ? Est-ce par adaptations progressives et héréditaires sous l'influence du milieu ? Le mystère demeure d'autant que si ce phénomène de polymorphisme est frappant dans l'espèce canine, on le trouve aussi, bien que moins marqué, chez les chevaux, les bovidés, les ovinés, etc.
Becker, lui a présenté une intéressante hypothèse à partir de l'étude du développement du crâne du chien de berger. Il constate que le chiot de berger nouveau-né a un crâne d'aspect globuleux que nous retrouverons chez le chihuahua et le king charles par exemple.
Un peu plus tard, vers l'age de quatre mois, la forme globuleuse a disparu, la boite crânienne s'allonge: elle est celle du fox, de l'airedaile, du schnauzer.
Quand la dentition est terminée, c'est à dire vers les six mois passés, le crâne du chien de berger est plus prè de celui du danois.
Dans la suite, et jusqu'à l'age adulte confirmé le crâne aura au contraire une tendance discrète à se rétracter, en même temps que s'allongent les maxillaires; le type s'orienterait alors vers la morphologie du lévrier.
Peut -on, à partir de ce cas bâtir une théorie selon laquelle certains types de chiens se seraient développés en raison des circonstances, tandis que d'autres se seraient arrêtés dans leur évolution, ou se seraient orienté différemment dans la lutte pour la vie ?
sur ces deux problèmes précis: origine du chien et polymorphisme du chien, on se pose bien des questions essentielles aux quelles, on le voit, la science actuelle ne saurait répondre avec certitude.
La variabilité du chien est-elle seulement due à la domestication, ou est-elle le résultat de mutations exceptionnelles ?
Le chien domestiqué a-t-il pour premier ancêtre un chien primitif ou d'autres canidés morphologiquement proches comme les chacals et les loups.
Faut-il, comme l'a soutenue Cuvier, conclure que le chien domestique a pour origine une espèce sauvage aujourd'hui disparue ? Ou bien, parmi les chiens sauvages actuels, en est-il qui auraient gardé fidèlement le type du premier ancêtre.

Fernand Mery

Photo: Alcachofa del sol y de la estrela

Les races de chien sur Aniwa
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# Posté le vendredi 02 mai 2008 06:22

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 03:57

Toutou blog

Toutou blog
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# Posté le vendredi 02 mai 2008 07:07

Modifié le mardi 08 juillet 2008 17:23

Domestication et psychologie

Domestication et psychologie
De tous les animaux, le chien est sans conteste, l'animal qui s'est le plus facilement adapté au milieu humain. Les conséquences en ont été fondamentales. Le chien s'est non seulement habitué à la présence de l'homme, mais il s'est incliné devant ce "dominant" qui libérait son existence de toutes surprises désagréable ou dangereuse et qui assurait indirectement sa nourriture.
Dès que l'homme enfin s'est fixé, les conséquences de cette adaptation ont été plus vives encore: le chien a cessé d'être un errant. Sa vie protégée s'est prolongée bien au delà de celle de tant d'autres bêtes que la loi biologique met dans l'obligation de s'isoler de leur communauté ou de mourir dès qu'elles ne sont plus en état de servir ou de vaincre.
Certes, les instincts primitifs n'ont pas disparu; mais le "canis familiaris" a eu dès lors un mode de vie tout différent de celui de son ancêtre du paléolithique. Les conditions extérieurs ayant changé, les relations de l'instinct ont du également évoluer.
Cette évolution s'est faite dans le sens du développement d'une affection réciproque entre l'homme et le chien: l'homme aimant le chien à sa manière d'homme, et le chien à "sa manière de chien". Ce développement affectif s'explique du fait que la domestication du chien ne s'est pas réalisée uniquement par coercition ( quoique !), récompenses et punitions, comme cela s'est produit pour les autres animaux que l'homme a "conquis". La communion affestive s'est surtout réaliser par le partage de la nourriture et de l'abri. Il en résulté, comme dit H. Pieron "une coopération affectueuse et intelligente qui a intégré véritablement le chien dans la société humaine.

photo: Boogy (hovawart) des mandarines bleues
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# Posté le vendredi 02 mai 2008 10:04

Modifié le samedi 10 mai 2008 15:44

Une vie de chien

Une vie de chien
Lucky le malchanceux
L'anthropomorphisme

Lucky était le chien le plus malchanceux au monde. Il ne méritait vraiment pas son nom. Ce chien croisé, un mâle de quatre ans, non castré, de type beagle, avait un tempérament qui m'a donné bien des soucis. Il est peut-être, de tous les animaux que j'ai soignés, celui qui m'a donné le plus de fil à retordre. J'ai même songé, à cause de lui, pour un bref moment, à changer de métier.

C'est dire...

Il appartenait à Annie et Paul, deux jeunes professionnels assez aisés financièrement. Abandonné ou en fugue, Lucky avait été retrouvé la Photo: Ciska propriétaire Mme Barthelmebs Dept 17

dernière fois, à moitié mort, errant en pleine campagne entre deux voies d'autoroute, livré à l'indifférence des hommes.

À la fourrière, on avait remarqué qu'il était un peu sournois, mais sans plus. Il était gardé dans un enclos comme les autres et il semblait somme toute assez gentil. Son allure d'adolescent, ses yeux pétillant de malice, son port de tête couard et sa queue entre les jambes avaient tout de suite séduit Annie et Paul.

Si seulement ils avaient connu le langage corporel des chiens, ils auraient vu dans ces traits un chien très anxieux qui ne présageait rien de bon, surtout pour quelqu'un qui ignore tout des chiens, et c'était leur cas.

Ils l'avaient eu pour pas cher, mais, depuis qu'ils le possédaient, c'est simple, leur vie avait basculé dans la psychose, et le mot n'est pas trop fort. Dès qu'ils sortaient de la maison, Lucky se mettait à hurler, et les beagles comme lui, des chiens courants, ont un timbre de voix particulièrement résonnant. Quand il aboyait, c'est toute la rue qui l'entendait.

Dans les premiers jours suivant l'adoption, quand Annie et Paul revenaient du travail, ils trouvaient la maison sens dessus dessous. Un véritable champ de bataille. Il avait mis les coussins du divan en pièces et défiguré de ses crocs les pieds de table en bois du salon. Le mur de placoplâtre près de la porte d'entrée était lacéré, presque déchiqueté par ses griffes.

Pour l'empêcher de tout détruire. Paul avait vidé une pièce pour l'enfermer quand lui et Annie s'absentaient. Il avait même appelé son courtier, on ne sait jamais, pour vérifier si sa police d'assurance couvrait les dégâts causés par un chien. Ce n'était pas le cas! Lucky se couchait partout sur les lits et les divans, et lorsqu'on essayait de le faire bouger, il montrait les dents et se mettait à grogner. Il était en plus malpropre, et Annie passait son temps à essuyer les planchers et à ramasser les crottes qu'il semait un peu partout dans la maison.

Quand ils le sortaient, il était intenable, impossible à maîtriser. Il était allergique à la laisse. Il n'était heureux qu'avec les siens et, quand il voyait un autre chien, il oubliait toutes les règles de la société des hommes.

Il avait en plus le palais fin et ne mangeait que de la bonne nourriture. Une fois, il avait mangé un rosbif cru entier resté par inadvertance sur le comptoir de la cuisine. Pour lui, pas de croquettes. Et pourtant, Annie avait acheté les meilleures sur le marché. Il leur a fait mener une vie d'enfer.

Indiscipliné, caractériel, dominateur, intimidant, manipulateur, carrément méchant parfois, Lucky était une vraie terreur, un monstre parmi les hommes.

Il savait, à l'occasion, se faire aimer, mais seulement quand il voulait. Toutefois, ces brefs moments ne suffisaient pas pour se faire pardonner le reste.

Oui, Annie et Paul étaient mal tombés avec Lucky.

Annie était venue seule me consulter parce que, depuis qu'elle avait Lucky, il vomissait. Au début, de quatre à cinq fois par semaine, puis, par la suite, une dizaine de fois. Il avait aussi des épisodes fréquents de diarrhée. Depuis plusieurs semaines, il manquait d'entrain et semblait avoir maigri. Il était toujours aussi terrifiant, mais ça ne tournait pas rond.

En entrant dans la clinique, il s'était mis à hurler et à ruer dans les brancards. Il tirait de toutes ses forces sur la laisse pour s'approcher d'un autre chien assis près de son maître à l'autre bout de la salle d'attente. Annie fut incapable de le retenir, et il était parti en trombe vers le fond de la pièce. En passant, il avait renversé une petite table sur laquelle était posée une grosse plante tropicale. Le pot s'était cassé et la terre humide s'était répandue sur le plancher. Il y en avait partout.

En essayant de l'arrêter, l'homme qui était là avait glissé et était tombé sur le dos dans la terre. Michelle, mon assistante, s'était mise à crier contre Lucky qui à son tour s'était mis à hurler. Annie, affaissée sur une chaise, regardait la scène, abasourdie, totalement anéantie par ce chien qu'elle aurait dû, tout compte fait, appeler Apocalypse. En quelques secondes, ma salle d'attente était devenue une véritable zone sinistrée.

J'ai réussi à contenir l'ouragan et, pendant que Michelle tenait Lucky en laisse, je suis entré dans la salle d'examen avec Annie. Je n'espérais qu'une chose: ne pas avoir à hospitaliser cet animal. Il ne semblait pas si malade et venait de nous en fournir la preuve, mais Annie, à bout de souffle, insistait pour que je le garde.

Lucky, malgré sa fougue apparente, était très malade. Je soupçonnais une maladie du foie ou de l'estomac, mais, pour etre sûr, il fallait le mettre en observation et faire des examens plus approfondis.

Ce n'était pas mon jour de chance, et Lucky allait rester. Il ne rentrerait plus jamais chez lui.

Hospitaliser et soigner un chien comme Lucky est la hantise de n'importe quel vétérinaire. Les manipulations et les interventions qu'exigent les examens et les soins sont presque impossibles avec un chien de son tempérament. Lucky n'était pas du genre à se laisser manipuler, toucher, piquer ou attacher; or, dans son cas, toutes ces interventions étaient indiquées. Les animaux ne comprennent pas non plus ce que nous leur faisons et, dans bien des cas, nos efforts, aussi louables soient-il, ne font qu'aggraver leur état.

Je l'avais attaché dans la salle de travail, dans un endroit où je pouvais suivre facilement la progression de sa maladie. Il aboyait toute la journée, et les clients étaient sidérés par ces hurlements assourdissants. Les animaux en clinique étaient devenus très craintifs, nerveux, voire agressifs. La présence de Lucky rompait l'harmonie générale de la clinique.

Pour faire des prélèvements ou le traiter, il fallait le prendre au lasso et lui mettre la muselière. Cet exercice presque quotidien m'épuisait. Pour donner des solutés il faut placer un cathéter intraveineux et dans le cas de Lucky ce n'était pas facile. Il ne faisait que se débattre et j'ai du piqué la veine céphalique, située sur chaque patte antérieure, de nombreuses fois avant de réussir. Ses vaisseaux sanguins étaient devenus une véritable passoire.

L'isolement en clinique et sa maladie lui avaient coupé l'appétit. Il mangeait encore un petit peu au début, mais sans plus. Michelle, mon assistante, lui préparait du poulet ou des morceaux de b½uf. Il levait le nez sur tout le reste.

J'ai essayé de l'apprivoiser, mais rien à faire, il me résistait. Meme Michelle, pourtant habituée aux betes, n'y est pas parvenue. Chaque fois qu'elle approchait, il grognait pour la tenir à distance, la crinière hérissée.

Lucky était un réfractaire, une forte tete, un vrai chien, et je l'aimais malgré tout, surtout pour ça. Il n'était pas vraiment méchant; il était juste mal tombé. Il était né dans un mauvais milieu. La radiologie avait montré une masse à la base du foie et les analyses de sang indiquaient des changements majeurs de plusieurs paramètres sanguins. Je redoutais une tumeur cancéreuse, mais je n'étais pas sûr. Pour approfondir le diagnostic, j'ai suggéré d'envoyer Lucky chez un spécialiste, mais Annie a refusé. Elle ne désirait pas se déplacer et elle craignait des honoraires trop élevés. Elle m'a demandé de continuer et de faire pour le mieux jusqu'à ce qu'elle prenne une décision.

Quelques jours plus tard, affaibli par sa maladie et l'hospitalisation, Lucky a commencé à perdre l'équilibre. Ses flancs s'étaient creusés et ses yeux, autrefois pétillants et pleins de malice, étaient devenus aussi ternes que sa fourrure.

J'ai appelé Annie pour l'informer de la progression de la maladie de Lucky. J'ai essayé de lui faire comprendre que c'était la fin pour Lucky et qu'il faudrait mieux mettre un terme à ses souffrances. Elle m'a répondu d'un ton angoissé et la voix chevrotante qu'elle n'était pas prête encore à prendre cette décision.

Pendant les jours suivants, l'état de Lucky s'est encore détérioré. Il ne se levait que rarement et il avait cessé d'aboyer. Il n'était plus qu'une ombre. La clinique était devenue étrangement silencieuse.

Annie est venu le voir et j'en ai profité pour lui faire de nouveau part de mes craintes. Enfin, convaincue d'avoir tenté l'impossible, elle a décidé à mon grand soulagement, de faire euthanasier Lucky.

Elle a réglé la facture dans les pleurs et les effusions. Michelle essayait de la réconforter tout en lui offrant des mouchoirs de papier. Je regardais, pragmatique, cette scène que j'avais vue se répéter des centaines de fois.

Annie est venue me serrer la main en me remerciant. Avant de partir, un sentiment de fierté dans le regard, elle m'a dit qu'il fallait aimer les animaux pour avoir autant de peine et pour dépenser autant d'argent pour eux.

J'ai approuvé d'un hochement de tête juste assez convaincant et je suis retourné en arrière voir Lucky.

Michelle, pendant ce temps-là, avait préparé la seringue de la délivrance. Je me suis assis et j'ai regardé Lucky, pendant un long moment, en douce, pour ne pas l'effrayer. Il me regardait aussi, couché sur le flanc, à peine un songe dans la société des hommes.

Je me suis approché lentement et, pour la première fois, à mon grand étonnement, il m'a laissé le caresser. C'était mon jour de chance.

Lucky n'en pouvait plus, c'est sans doute pour cela qu'il s'est laissé faire, mais je préférais croire qu'il était reconnaissant pour tous les efforts que j'avais faits. J'ai euthanasié Lucky en pensant que c'était enfin son jour de chance à lui aussi...


Un vétérinaire en colère - Essai sur la condition animale
Dr Charles Danten

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# Posté le vendredi 02 mai 2008 14:56

Modifié le jeudi 08 mai 2008 17:58

Ethologie et intelligence animal

Ethologie et intelligence animal
De simples machines qu'ils étaient au temps de Descartes, les animaux sont désormais reconnus pour avoir des degrés d'intelligence

Depuis un demi-siècle, l'étude des comportements animaux a fait faire à plusieurs disciplines scientifiques, dont l'éthologie, un bond aussi important que la cybernétique dans les communications, par exemple. De machines qu'ils étaient au temps de Descartes, les animaux sont désormais reconnus pour avoir des niveaux d'intelligence différents, dont certains fort élevés.

Des chercheurs disent avoir identifié de véritables « cultures animales » chez certaines espèces de poissons et de mammifères. Certains chercheurs, comme Étienne Danchin, n'hésitent plus à parler de « débuts de conscience », ce qui est loin cependant de faire l'unanimité dans le monde des sciences.

Ce chercheur du groupe Évolution et diversité biologique de l'université Paul Sabatier, à Toulouse, estime pour sa part que les animaux se transmettent d'une génération à l'autre des informations cruciales pour leur survie, un héritage culturel que la génétique ne peut expliquer.

Il y a quelques décennies encore, on croyait comme Konrad Lorenz que les automatismes et les instincts gouvernaient le monde animal et qu'ils se transmettaient par les gènes.

Mais pour vraiment comprendre le monde animal, affirme Étienne Danchin, qui entretiendra le public d'ici de « culture animale » ce soir au Coeur des sciences de l'UQAM, il y a quatre manières, chacune ayant ses forces et ses faiblesses.

On peut adopter une approche mécaniste pour expliquer les comportements. Par exemple, on se demandera pourquoi les oiseaux chantent davantage au printemps en expliquant le phénomène par différents liens entre les mécanismes de reproduction et les conditions environnementales qui agiraient comme stimuli ou déclencheurs.

On peut aussi adopter une approche plus individualiste, en analysant le développement de chaque animal, son degré d'insertion et d'adaptation pour expliquer son développement, ses habiletés et ses aptitudes.

On peut aussi analyser son comportement dans une logique de finalité. Pas une finalité à la Teilhard de Chardin, qui assigne une finalité voulue par Dieu à l'évolution, insiste Étienne Danchin. On s'intéressera plutôt, dit-il, à ses « objectifs évolutionnistes », c'est-à-dire qu'on déterminera comment un animal réussit à assurer sa survie et celle de son espèce par l'amélioration de son efficacité à exploiter des environnements souvent différents, une analyse propre à « l'écologie comportementale ». Enfin, quatrième approche, on peut situer l'évolution d'une espèce sur une échelle philogénétique ou, si l'on veut, dans l'évolution à long terme de la grande cohorte des vivants, dont l'humain est l'aboutissement d'un certain nombre de lignées.

« Aucune de ces quatre manières n'est meilleure que l'autre et toutes sont complémentaires », quoi qu'en pensent les chapelles qui vont parfois s'édifier autour de l'une ou l'autre de ces approches, ajoute le chercheur.

L'évolution de ces méthodes de recherche a forcé la communauté scientifique, non seulement à reconnaître, mais aussi à mesurer des formes d'intelligence souvent fort élevées chez différents animaux, comme les singes, les corneilles, les dauphins, etc. Mais ces travaux en ont suscité d'autres sur la manière dont s'opère la transmission des connaissances acquises par les animaux, ce qui a rapidement conduit les chercheurs à l'idée qu'il y avait transmission de savoirs collectifs propres à certains groupes. C'est ce qu'Étienne Danchin appelle les « cultures animales ».

Des jeunes macaques ont été observés au Japon en train de laver des pommes de terre utilisées comme appâts pour les attirer. Cette découverte, faite par une jeune femelle, avait été transmise peu de temps après à tout le clan. En Afrique, des chercheurs suisses ont observé, quelques années après les travaux de Jane Goodall sur l'utilisation d'outils par les chimpanzés pour cueillir des termites, que d'autres groupes de la même espèce avaient inventé de leur côté une manière de briser de grosses noix avec des roches, méthode qu'ils se transmettent de génération en génération, ce que d'autres groupes de la même espèce n'ont jamais réussi à faire.

Pour Étienne Danchin, la transmission de ces savoirs collectifs constitue un véritable corpus culturel de type animal. On est là, dit-il, en présence de cultures locales, qui adoptent ces comportements particuliers. Ces informations ainsi transmises comme bagage culturel particulier ont autant d'importance pour la survie d'une espèce ou d'un groupe que la transmission de son bagage génétique. À la limite, dira Étienne Danchin, la génétique transmet plutôt la possibilité ou l'aptitude à faire une chose, mais c'est par l'apprentissage que l'animal l'optimisera par un niveau de performance qui déterminera son efficacité dans un milieu donné.

Certes, convient-il, cette transmission de génération en génération d'un savoir collectif va en heurter plusieurs, parce qu'on parle de « culture ». Il convient que des termes comme « savoir collectif » ou « proto-culture » seraient peut-être plus neutres, mais il n'hésite pas à dire que par choix il préfère le terme « culture », « plus provocateur » parce qu'il a le mérite de forcer la réflexion sur ces découvertes fondamentales pour notre compréhension du comportement animal.

« Mais soyons clairs, dit-il, au sens où je définis la culture animale, cela n'a rien à voir avec la culture humaine, surtout si on définit celle-ci comme un ensemble de valeurs dont on déduit des règles et des comportements. »

« On ne peut toutefois pas réduire la culture uniquement par ce qu'elle produit à l'extrémité d'un processus historique. Si on le faisait, on ne pourrait pas comprendre que l'humain est le résultat de l'évolution à partir de poissons qui sont sortis de l'eau un jour ! »

Tout comme on voit aujourd'hui une continuité dans l'évolution des formes d'intelligence animale, on constate qu'il y a des cultures différentes et donc des modes de transmission des comportements plus ou moins évolués selon les espèces.

Étienne Danchin ne récuse pas, bien au contraire, l'idée que cette évolution s'accompagne de formes de conscience réflective chez les animaux, dont le stade le plus avancé a été atteint un jour alors que l'un d'eux s'est rendu compte qu'il pensait.

Les cas de « conscience » ou de pensée réflexive sont nombreux à son avis. Des expériences contrôlées ont démontré, par exemple, comment des geais cachent leurs graines différemment s'ils se sentent épiés par d'autres compères. Se sachant voleurs, ils savent que les autres le sont aussi et, par réflexion sur leur propre comportement, ils vont circonscrire ce comportement qu'ils savent culturel !

Un autre exemple est fourni par la conscience que certains animaux peuvent avoir de leur propre mort, convient-il, et de l'angoisse de ce qui va se produire après. Les éléphants, qui la sentent venir et qui en ont une représentation intérieure, vont se retirer pour aller mourir dans ce qu'on appelle les cimetières d'éléphants. Autre exemple : Sara, une jeune chimpanzée qui avait appris le langage des sourds-muets dans les années 70, expliquait en langage humain qu'un compagnon décédé lui manquait, ce qui dénote, selon Étienne Danchin, une conscience du vide et de son angoisse. À la limite, dit-il, cette expression d'angoisse se résorbera chez les humains par la construction des grands mythes, voire les religions.

Mais beaucoup d'humains, dit-il, résistent encore farouchement à l'idée qu'ils se situent dans un continuum évolutif avec le monde animal. Ils ont tout juste accepté l'idée de l'évolution biologique proposée par Darwin mais ils résistent à l'idée que l'intelligence et la conscience aient pu se développer progressivement et existent à des niveaux divers dans le règne animal, et qu'ils s'y développent par transmission culturelle.

Étienne Danchin récuse toutefois l'utilisation que font de ces faits scientifiques les animalistes, qui en déduisent que les animaux, s'ils ont intelligence et culture, ont des droits comme les humains. Les humains, eux, ont atteint un niveau d'intelligence et de conscience qui leur confère la responsabilité de respecter les autres maillons du vivant, dit-il, ce par quoi ils expriment leur humanité. Mais à voir de près ce qu'ils font de leur planète, ajoute-t-il, on se prend à douter parfois que leur niveau d'intelligence se situe au sommet de l'échelle de l'évolution.

Louis-Gilles Francoeur


Photo: talimatteo del sol y de la estrela
Les articles présentés concernent l'ensemble des races de chien : Jack Russell, Yorkshire, Rottweiler, Labrador, Beagle, Berger Allemand, Bichon Maltais, Boxer, Bull Terrier, Spitz Allemand, Border Collie, Beauceron, Dalmatien, Caniche, Chihuahua, American Staffordshire Terrier, Bichon Frisé, Cavalier King Charles, Bouledogue Français, Bouvier Bernois, Berger Australien, Teckel, Carlin, Shih Tzu, Epagneul Breton, Pinscher Nain, Dogue Allemand, Cocker Anglais, Berger Belge, Border terrier, Fila brasileiro, Fila sao miguel Golden Retriever, Husky, Coton de Tuléar, Bichon Bolonais, Griffon Belge, Dobermann, Dogue Argentin, Terre-Neuve, Braque Allemand, Mastiff, Bulldog Anglais, Cairn Terrier, Cane Corso, Berger Blanc Suisse, Chow-Chow, Dogo Canario, Dogue argentin, Basset Hound, Epagneul, Phalène, Papillon, Bichon Havanais, Griffon Nivernais, Bobtail, Dogue de Bordeaux, Saint-Bernard, Staffordshire Bull Terrier, Westie, Shar-Pei, Lévrier, Fox Terrier, Lhasa Apso, Schnauzer Nain, Setter Anglais, Akita Inu, Cocker Americain, Shetland, Bullmastiff, Boston Terrier, Samoyede, Braque Français, Matin de Naples, Amstaff ...
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# Posté le samedi 03 mai 2008 07:08

Modifié le jeudi 11 septembre 2008 07:42